31 août 2022. Nolan a 7 mois.
Hier après mes lectures matinales1, j’ai eu quelques déclics par rapport à deux postures dans nos questionnements autour du sommeil de Nolan.
Racine dans la peur.
La première posture dont je veux parler est partout autour de nous et en nous (en moi en tout cas!), et consciemment ou non, elle prend appui sur la peur pour exister.
Quand je regarde autour de moi, je vois toutes sortes de familles avec autant d’enfants que de relation au sommeil. Tout ne me fait pas rêver disons. Certains parents disent galérer, d’autres trouvent normal des comportements aberrants pour moi, d’autres s’habituent ou se résignent, d’autres ça va ça vient, d’autres sont perdus, et certains dorment (oui, ils existent aussi !).
Moi je sais que c’est lorsque je vois tous ces parents, ces histoires, ou que j’interprète des remarques de mes proches, que je commence à flipper et à porter un regard critique sur notre situation. De là déroulent tout pleins de pensées : je me dis que c’est peut-être pas normal de supporter autant de réveils par nuit, que c’est peut-être pas à son service, qu’au bout d’un moment je vais vraiment finir crevée et que ça va avoir des conséquences néfastes sur tout le monde, donc qu’il faut bien qu’il apprenne à s’endormir et se rendormir sans le sein, il a 7 mois quand même, ça va il est plus si petit !
Depuis l’espace où j’ai ces pensées, je lis des articles, je regarde un webinaire sur le sommeil des 6-12 mois, et comme j’aime les valeurs de la dame2 et qu’elle dit allez-y étape par étape, je me dis « let’s go ! ». Étape par étape, en douceur, comme j’aime, sans jamais le laisser pleurer seul, mais allons vers l’endormissement autonome, donc sans le sein, pour aller petit à petit vers moins de réveils la nuit. Ça fait du sens !
Ce que je vois clairement à présent, c’est que l’endroit de moi qui mène ce plan d’action, tire son énergie dans des peurs.
Peur que je m’épuise.. que je sois à bout, que Nolan ne grandisse pas normalement, qu’il ait un problème d’attachement, peur qu’il s’habitue et ne puisse plus s’en passer, peur qu’il se passe avec lui ce que j’ai vu ailleurs, peur de faire faux, peur de le briser dans sa joie d’être…
De là, sans conscience de ça, je pars dans une recherche de solutions pour supprimer ma peur plutôt que de rechercher une solution pour prendre soin de moi et de mon enfant au mieux, par exemple.
C’est ça que j’aime tant comprendre et qu’il me fait du bien de voir (et de re-voir et de re-re-voir…).
Ce n’est ni bien ni mal ! J’ai peur, c’est humain. J’aime juste tellement quand je vois clair, parce que je redeviens libre de choisir quelle voie emprunter.
La deuxième chose que j’aime comprendre à propos de ça, c’est que lorsque je mets ce plan d’action en place, mon attente est sur Nolan. Ça, c’était un bel angle-mort ! Byebye l’amour inconditionnel et bonjour la violence.
En fait, j’attends que son comportement change pour vivre plus reposée, plus heureuse, plus sereine. Mon focus est sur lui et ma question c’est « comment je vais pouvoir changer tel et tel facteurs pour modeler son comportement, de manière à me satisfaire » ?
Voir.
Voir que la racine de ces actions – si je suis honnête avec moi-même – aujourd’hui, c’est la peur (je pourrais faire le même plan d’action depuis un autre espace en moi!) et que ce plan d’action porte uniquement sur Nolan et mon attente qu’il change quelque chose pour moi (autrement dit pour que j’ai plus de facilité à vivre, et à l’aimer).
Racine dans l’Amour et l’abondance.
Quand je lis sur le chemin du Christ3, ça m’inspire, ça me remplit et ça me porte, parce qu’il offre une autre voie d’être en vie, une autre manière d’être en relation. Cette autre manière comprend l’intervention d’un plus grand que nous, appelons le comme on veut ! Dieu, L’univers…ça n’a pas d’importance.
Cette voie prend racine dans l’Amour. L’amour, c’est la paix, la tendresse et l’abondance.
Moi je crois en un Dieu qui est pleinement intérieur, comme une Source abondante qui est toujours là. Le défi, le jeu de la vie sur Terre pour moi, est de chercher à retrouver l’accès à cette source, pour laisser cette énergie agir à travers moi.
Tout ça m’est donné, à chaque instant.. la question n’est donc pas de me demander si ça m’est donné, mais qu’est-ce qui fait que je ne le reçois pas.
Qu’est-ce qui empêche, en moi, le passage de cette abondance ?
Me reconnecter à cette manière de vivre m’a permis de voir.
Voir que la peur et les attentes étaient cachées, comme une grosse belle baleine sous un caillou.
Voir que, ancrée dans la peur, j’étais coincée, crispée, à chercher comment placer mes pions intelligemment pour ne pas perdre au jeu.. plutôt que d’être confiante, debout, et en lien avec une énergie de vie infiniment généreuse.
Renversement.
Le renversement que j’aime vivre à l’intérieur de moi est le suivant :
Et si… plutôt que d’attendre qu’il change, en cherchant comment ajuster la place de nos matelas respectifs, en calculant les heures et en modifiant le rituel de dodo…
…je priais pour trouver comment lui offrir tout ce dont il a besoin pour grandir dans l’abondance d’amour, en prenant soin de chacun-e, en cherchant comment ajuster ma posture intérieure…
me laissant ainsi inspirer mes prochains actes, plutôt que de les réfléchir.
Prier pour donner.
Prier dit pour moi « être en disposition intérieure d’ouverture à recevoir » (à différencier donc de l’attente, qui est une volonté d’obtenir).
Quand je prie, humblement et tendrement, je suis reliée à mon désir d’offrir à Nolan tout ce dont il a besoin, même si j’en suis incapable.
Obtenir ou recevoir.
Dans la première posture, ancrée dans la peur, je cherche à obtenir, à la sueur de mon front (et de celle de mon enfant en passant!). Obtenir par la volonté, et la pensée rationnelle.
Dans la deuxième, je demande à recevoir pour donner. Recevoir en me faisant canal par lequel passe l’amour et l’inspiration de ce qu’il est bon de faire pour toute la famille.
C’est tellement joyeux pour moi de comprendre tout ça que l’indication dans mon corps est claire : ancrée dans cette énergie de vie généreuse, je sens mon coeur qui s’ouvre, l’espace en moi qui grandit…
Que c’est bon !
D’un cœur fermé à un cœur ouvert.
Un mois plus tard…
Depuis cette énergie, j’ai pleins de ressources (c’est magique je vous jure!).
Pour l’accompagner, pour être patiente, pour avoir concrètement de l’énergie alors que je ne dors pas « mieux » (je me lève tous les matins dès que je vois les premières lueurs du jour), pour répondre à ses demandes la nuit sans m’énerver contre lui, pour avoir des nouvelles idées, pour affûter mon regard et m’émerveiller de chaque petit pas qu’il fait vers cette fameuse autonomie.
Quand je n’ai plus de ressources (et oui!), ma posture n’est quand même pas la même…
… plutôt que d’être, le cœur fermé, fixée à croire qu’il doit bien apprendre et que c’est, ma foi, juste une occasion pour apprendre la vie et les limites humaines…
…. je peux être désolée de ne pas lui offrir tout, de ne pas trouver, en moi, aujourd’hui, une ouverture assez grande pour laisser passer l’infini amour dont il a besoin. Toujours sans me taper dessus, mais reliée à mon désir d’infini.
Bonus.
L’immense joie bonus là dedans, c’est que lorsque mon cœur est ouvert à donner, tout ce que je donne me rempli en me traversant.
Le cœur ouvert à donner, je reçois plus que jamais !
1 – Osez désirez tout de Denis Marquet.
2 – Florence Pinon, fondatrice de Bébé au calme.
3 – Toujours Osez désirez tout de Denis Marquet.
